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Traductions français /espagnol / langue des signes : activisme, désobéissance civile, féminismes, Queer, éducation, décroissance etc. / Traducciones español / francés / lengua de signos : activismo, desobediencia civil, feminismos, Queer, decrecimiento, educación etc.

Festival de Douarnenez : la mise en évidence de la connivence de l´Etat et du capital pour en finir avec la diversité / La puesta en evidencia de la connivencia del Estado y del capital para acabar con la diversidad

L´article en français (castellano más abajo):

festivalcinemadouarnenez

festival-douarnenez-affichePour sa 39e édition, le festival de cinéma de Douarnenez s’est intéressé aux Peuples de Turquie avec pour propos de “dépasser les essentialismes nationalistes, culturels et religieux”. Comme toujours le festival se penche sur les “autres identités”, celles souvent subordonnées, malmenées, niées voire éliminées. La Turquie est un incroyable mélange culturel de minorités telles que les Kurdes, les Alévis, les Arménien-ne-s, les Gitan-e-s et aussi les LGTBQI, les Sourd-e-s, avec toutes les intersections possibles et imaginables qui rendent d´autant plus riche leur expression politique. C´est d´ailleurs de liberté d´expression dont il a été beaucoup question dans le contexte de la tentative de coup d´Etat où de nombreux intellectuel-le-s, journalistes, universitaires, activistes sont actuellement incarcéré-e-s, certain-e-s invit-é-s n´ont d´ailleurs pas pu venir de ce fait, d´autres l´ont fait depuis l´exil et plusieurs ont pris d´énormes risques pour témoigner et partager leurs expériences et réflexions. Le festival a donc été une opportunité d´essayer de comprendre la complexité et la violence de l´Etat turc depuis sa propre construction, son Histoire et les enjeux actuels dans lesquels il est impliqué. Ceci, et c´est une des grandes richesses du festival, depuis de multiples perspectives: celle de la guérilla, celle des partis politiques antimilitariste, mais aussi des collectifs féministes, LGTBQI, chacun-e-s apportant son propre regard sur la réalité et son propre projet de société. Encore une fois le festival a suscité la rencontre, les conjonctions des expériences et les alliances potentielles afin de s´autoriser à rêver à des communautés diverses et solidaires.

Ainsi le monde des Sourds et les Intersexes ont pu approfondir leur connexion en se penchant plus particulièrement sur la désarticulation entre la loi et l´institution médicale en se donnant le défi de saisir par exemple le Comité de l’ONU des Droits de l’Enfant et le Comité contre la torture afin de faire interdire les mutilations sur les bébés Sourds et Intersexes ces dernières pouvant provoquer de graves séquelles physiques et psychologiques. Sourd-e-s et Intersexes deviennent alors une alliance subversive qui vient contrer les lobbies ainsi que les régimes hétéronormatifs et validistes qui s’introduisent et s’incarnent dans toutes les sphères de la vie y compris dans nos propres subjectivités. L’enjeu est bien sûr ici de résister à ces processus en considérant non plus le corps comme un cobaye mais comme un chantier politique et culturel où des mécanismes de représentations le produisent et le gèrent. Il s´agit de défier la logique morale et scientifique, voire médiatique et mercantile dans lequel s´inscrit le discours médical qui exerce son pouvoir sur les corps en les mutilant, et construire des consciences politiques hors des faux universels de vérité où chaque corps se revendique comme lieu de savoir, comme légitime tel qu´il est ou tel qu´ il veut être. Réclamer le droit humain de disposer et jouir de son corps comme on le veut, redéfinir la surdité et l´intersexualité non plus comme des diagnostics mais comme des espaces désirés où d’autres formes de vies sont possibles, sont autant d´actes d’insoumission qui bousculent le politiquement correct et renversent les piliers de la société bien pensante, car ce sont finalement des vécus subalternes qui veulent réclamer le droit à vivre comme ils le veulent et qui viennent rompre avec le patrimoine de l’humanité parfaite.

L´école immersive en Langue des Signes et en Breton a pu être également abordée s´inscrivant dans cette alternative à la logique de l´Etat-Nation qui s´opère en France comme en Turquie et qui subordonne les langues et les cultures. La bonne vieille intention / invention de “l´égalité des chances” est ici remise en question car on le sait l’école est aussi un lieu de reproduction des inégalités, où l’institution exclue si on ne s´y formate pas. Pour les Sourd-e-s, c’est l’invention du « corps handicapé », c’est-à-dire non productif, qu’il faut adapter à la norme sociale. Soigner, rééduquer, former constituent les maîtres mots. Les instituts de jeunes sourds sont les usines du progrès scientifique qui fabriquent des corps malades avec des corps sains. Ils transforment la réalité de corps capables de comprendre et de s’exprimer pleinement grâce à la langue des signes en corps inaptes en prétendant les réparer afin de les intégrer à la chaîne productive. Vous reprendrez bien une petite tranche de genre par là dessus? Menuisier pour les garçons. Couturière pour les filles. La justification n’est plus de rendre les sourds humains en les faisant parler, mais de les rendre productifs en les adaptant à l’exploitation capitaliste. Si l’utilisation de la langue des signes et du breton par les élèves à l´école a été longtemps sévèrement punie, ce n´est pas un hasard, c´est que l´Etat et le Capital sont une alliance criminelle pour la diversité. Des médias et des institutions obsédés par la menace de l´altérité sont le symptôme d’une société malade qui n’envisage que des solutions qui bénéficient aux investisseurs et aux politiques. Pourtant les communautés, les cultures, les langues sont le refuge de vies dignes. Alors réinventons les institutions (si nous en voulons encore!) depuis la diversité car ainsi nous pourrons braver la logique et la violence du capitalisme qui prétend nous soumettre.

De cette édition du festival je pense me rappeler longtemps du député kurde, ancien fonctionnaire ayant vécu l´incarcération et la torture, qui disait que c´est finalement la répression qui l´avait politisé, et je me souviendrai aussi longtemps de la force de vie et du rire des militant-e-s Queer de Turquie qui nous rappelle que notre meilleure vengeance sera d´être heureux-se.

L´article en LSF:

festival-douarnenez-reportage

El articulo en castellano:

femme-nb-hdEn su 39 edición que tuvo lugar a finales del mes pasado, el festival de cine de Douarnenez se ha interesado en los pueblos de Turquía con el propósito de ir más allá de los esencialismos nacionalistas, culturales y religiosos. Como siempre el festival se enfoca sobre las otras identidades, las que a menudo son subordinadas, maltratadas, negadas o incluso eliminadas. Turquía es un increíble mezcla cultural con una multitud de minorías como lxs Kurdxs, lxs Alevis, lxs Armenixs, lxs Gitanxs, y también lxs LGTBQI, lxs Sordxs, con todas las intersecciones posibles e imaginables que hacen aún más ricas su expresión política. Es por esta libertad de expresión que se ha tratado en el contexto del intento de golpe de estado por el que numerosxs intelectuales, periodistas, universitarixs, activistas están actualmente encarceladxs, algunxs invitadxs no han podido acudir al festival por eso, otrxs lo han hecho desde el exilo y varixs han tomado riesgos enormes para testimoniar y compartir sus experiencias y reflexiones. El festival ha sido para mí una oportunidad de sumergirme e intentar entender la complejidad de la violencia del estado turco desde su propia construcción, su Historia y los retos actuales en los cuales está implicado. Todo esto, una de las grandes riquezas de este festival, desde varias perspectivas: la de la guerrilla, la de los partidos políticos antimilitaristas, pero también la de los colectivos feministas, LGTBQI, cada unx aportando su propia mirada sobre la realidad y su propio proyecto para la sociedad. Una vez más el festival ha suscitado el encuentro, las conjunciones de experiencias y las alianzas potenciales para autorizarse a soñar con comunidades diversas y solidarias.

Así el mundo de lxs Sordxs y lxs Intersexuales han podido profundizar su conexión enfocándose más específicamente sobre la desarticulación de la ley y de la institución médica dándose el reto de mobilizar, por ejemplo, la comisión de los Derechos de lxs niñxs de la ONU y la comisión contra la tortura para poner fin a las mutilaciones sobre los bebes sordxs e interesexuales ya que pueden provocar secuelas físicas y fisiológicas muy graves. Sordxs e Intersexuales se hacen entonces una alianza subversiva para combatir los lobbies y los regímenes heteronormativos así que capacitistas que se introducen y se encarnan en todas las esferas de la vida incluso en nuestras subjetividades. El objetivo es aquí resistir a estos procesos y considerar el cuerpo como una construcción política y cultural donde diferentes mecanismos y representaciones lo producen y lo gestionan. Se trata de desafiar la lógica moral y científica, también mediática y mercantil, en el que se inscribe el discurso médico que ejerce su poder sobre los cuerpos,  mutilándolos, así como de construir conciencias políticas fuera de los falsos universales de verdad donde cada cuerpo se reivindica como lugar de saber, legítimo tal y como es o como quiera ser. Reclamar el derecho humano de disponer y de disfrutar de su cuerpo, redefinir la sordera y la intersexualidad ya no como un diagnóstico sino como un espacio deseado donde otras formas de vida son posibles, son tantos actos de insumisión que revienta los pilares de la sociedad biempensante porque son vivencias subalternas que vienen a reivindicar su legitimidad para vivir como quieren y que así rompen con el patrimonio de la humanidad perfecta.

La escuela por inmersión en Lengua de Signos y en Bretón también se ha tratado inscribiéndose en esta alternativa a la lógica de Estado- Nación que opera tanto en Francia como en Turquía y que subordina las lenguas y las culturas. La buena intención / invención, “la igualdad de oportunidades”, se cuestiona en ese caso porque ya sabemos la escuela es también un lugar de reproducción de las desigualdades, donde la institución excluye si no se formatea a ella. Para lxs Sordxs, es la invención del “cuerpo discapacitado”, es decir no productivo, que hay que adaptar a la norma social. Curar, reeducar, formar. Las instituciones de jóvenes sordxs son las fábricas del progreso científico que fabrican cuerpos enfermos. Transforman la realidad de cuerpos capaces de entender y expresarse plenamente gracias a la lengua de signos en cuerpos no aptos, pretendiendo arreglarlos con el fin de integrarlos a la cadena productiva. ¿Una capa más con el género? Carpinteros para los chicos. Costureras para las chicas. La justificación ya no es que lxs sordxs sean humanos haciéndoles hablar, sino que sean productivxs adaptándoles a la explotación capitalista. Si la utilización de la lengua de signos y del bretón se ha castigado severamente durante tanto tiempo, no es casualidad, es porque el Estado y el Capital son una alianza criminal para la diversidad. Instituciones y medios obsesionados por la amenaza de la alteridad son el síntoma de una sociedad enferma que considera solamente aquellas soluciones que benefician a los inversores y a lxs políticxs. Sin embargo, las comunidades, las culturas, las lenguas son el refugio de vidas dignas. Asi que reinventemos las instituciones (si todavía queremos de ellas) desde la diversidad porque así podremos afrontar la lógica y la violencia del capitalismo que pretende someternos.

De esta edición del festival, me acordaré del diputado kurdo, antiguo funcionario que ha sido encarcelado y torturado, que decía que al final es la represión que le ha politizado, y también recordaré mucho tiempo la fuerza y la risa de lxs militantes Queer de Turquía que nos recuerda que nuestra mejor venganza será ser felices.

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3 comments on “Festival de Douarnenez : la mise en évidence de la connivence de l´Etat et du capital pour en finir avec la diversité / La puesta en evidencia de la connivencia del Estado y del capital para acabar con la diversidad

  1. Les Petits Pas de Juls
    13 October 2016

    Ca c’est du militantisme! J’adore! superbe article Stéph! Je revis avec tes mots tous les sentiments, la joie comme la frustration, que nous avons ressentis cet été à Douarnenez. Je nous espère nombreux à vouloir changer les choses pour que la diversité soit davantage vue comme la meilleure chose qui soit.

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This entry was posted on 12 October 2016 by .

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