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El Amor Romántico es tóxico / L’Amour Romantique, c’est toxique

la fotoEl amor romántico tal como lo vende la tele, las canciones de amor tipo “Yo soy tuya para siempreeeee” y los cuentos de princesas y príncipes azules es una gran estafa, eso ya lo sabemos. Es una estrategia del capitalismo heteropatriarcal que nos quiere divididas para reinar mejor. Para que jerarquicemos nuestros sentimientos, para que  nos olvidemos de nuestras redes de amor de familia y amistad, para vivir por y para una sola persona ( y si es del sexo opuesto mejor) responsable de nuestra felicidad. La gran arma del amor romántico es la culpa porque con ella justificamos todo lo que vendría a cuestionar este amor tan romántico que tiene que durar para siempre. Nos sentimos mal por todo: por no ser felices, por trabajar demasiado, por no trabajar, por engordar, por tomar malas decisiones…  ¿Pero como llevar un amor libre a la practica cuando el propio concepto del amor esta basado en estos términos? ¿Como deconstruir el amor y construir una alternativa sana? ¿Se puede concebir la relación de pareja fuera de la dependencia, de los celos, de la rutina? Éste reto es político! Se trata de romper con el conformismo y pensar tus relaciones afectivas como redes de cooperación. Primero hay que cuestionar el pack de la relación monógama y heterosexual  lista para utilizar. ¡Y luego sencillamente a practicar la libertad! Vale, no es tan fácil…  No ver a los celos como pruebas de amor sino como asuntos personales que hay que trabajar, no hacer del otrx  una necesidad, no sentir culpa por sus deseos, no chantajear, todo eso necesita un trabajo continuo.  Y en esta sociedad individualista donde el espacio social se despolitiza y donde disponemos cada vez de menos tiempo para crear la interdependencia,  este desafió resulta difícil. Un ejemplo es la obligación legal de casarse para las parejas homosexuales para ser  padres o madres. La opción  de la coparentalidad entre más de dos personas esta así relegada a la marginalidad ya que lo correcto y reconocido es la pareja matrimonial. Sin embargo una coparentalidad permitiría desarrollar redes de colaboración tanto dentro de la parentalidad como fuera ya que se dispondría de más tiempo para crear relaciones sociales solidarias. Pero la coacción no es solamente legal, es también social y psicológica. Nos agarramos a las convenciones sociales porque nos proporcionan seguridad. Una pareja se define a la vez que esta leída dentro de este marco. De hecho,  se olvida a menudo que una persona que esta en pareja puede necesitar de un apoyo fuera de su pareja.  Así el amor puede ser un gran motor tanto personal que de transformación social si logramos deshacernos de todo lo toxico que arrastra desde hace tanto tiempo. Para ayudarnos, dos artículos de Brigitte Vasallo publicados en Pikara que traduje aquí al francés.

¡Cuidado! No facilitan la vida para nada, solo permiten ver lo bien que nos mentemos a nosotrxs mismxs, estáis avisadxs 😉

 

En el atriculo “Romper la monogamia como apuesta política” , Brigitte Vasallo nos anima a cuestionar el pacto de la monogamia que, en su opinión, reproduce una lógica capitalista.

En este otro articulo, #OccupyLove: por una revolución de los afectos, Brigitte Vasallo cuestiona el “amor Disney” y la monogamia e invita a pensar los amores desde lo inclusivo.

sintiL´amour romantique tel que le vend la télé, les chansons d´amour du genre “Je suis à toi pour toujours” ou les contes de princesses sauvées par des princes charmants, est une grande arnaque, ça nous le savions déjà. C´est une stratégie du capitalisme hétéropatriarcal qui veut nous diviser pour mieux régner. Cela afin que nous hiérarchisons nos sentiments, que nous mettions nos réseaux affectifs familiaux et amicaux au second plan, que nous vivions pour une seule et même personne ( du sexe opposé c´est mieux) pour le reste de notre vie et qu´elle soit responsable de notre bonheur. L´arme secrète de l´amour si romantique  qu´il doit durer toute la vie, c´est la culpabilité.  Grâce à elle on justifie tout ce qui pourrait le remettre en question. On se sent mal pour tout: de ne pas être heureux, de trop travailler, de ne pas travailler, de grossir, de prendre des mauvaises décisions… Alors comment mettre en pratique un amour libre quand le propre concept de l´amour est défini en ces termes? Comment déconstruire l´amour et reconstruire une alternative plus saine? La relation de couple peut-elle se concevoir hors de la dépendance, de la jalousie, de la routine? Ça c´est un défi politique! Il s´agit de rompre avec le conformisme et penser ses relations affectives comme des réseaux de coopération. En premier lieu,  il faut remettre en question le pack de la relation hétérosexulle monogame prête à l´emploi. Ensuite, bah il suffit de pratiquer la liberté! Bon d´accord, ce n´est pas si simple… Ne pas voir la jalousie comme une preuve d´amour mais comme un problème personnel à résoudre, ne pas faire de l´autre une nécéssité, ne pas se sentir coupable de ses désirs, ne pas faire de chantage, tout cela recquiert un travail continu. Dans cette société individualiste où l´espace social se dépolitise et où nous disposons de moins en moins de temps pour créer de l´interdépendance, ce défi est difficile à relever. Un exemple en est l´obligation légale de se marier pour des couples homosexuels qui veulent être parents. L´option de la coparentalité entre plus de deux personnes est ainsi reléguée à la marginalité vu que le couple matrimonial est la figure de la parentalité reconnue et raisonnable. Cependant la coparentalité permettrait non seulement de développer des réseaux de coopération au sein même de la parentalité mais aussi à l´extérieur étant donné le temps libéré pour créer des relations sociales et solidaires. Mais la pression n´est pas que légale, elle est aussi sociale et psychologique. Nous nous accrochons aux conventions sociales parce qu´elles nous procurent un sentiment de sécurité. Un couple se définit en même temps qu´il est perçu au travers de ce prisme. De fait,  on oublie souvent qu´une personne en couple peut avoir besoin de soutien hors de son ou sa partenaire. Ainsi l´amour peut être un grand moteur tant personnel que de transformation sociale si nous arrivons enfin à nous débarasser de toute la toxicité qu´il traine avec lui depuis si longtemps. Pour nous aider, j´ai traduit ici en français deux articles  de Brigitte Vasallo publiés dans Pikara magazine. 

Attention! Ils ne rendent absolument pas la vie plus facile, ils permettent juste de voir comme nous nous mentons bien à nous- mêmes, vous êtes prévenu(e)s 😉

Rompre la monogamie, un pari politique, Brigitte Vasallo: 

La monogamie est le seul pacte social avec le patriotisme (l´autre grande forme de monogamie) qui est intouchable et indiscutable. Nous ne croyons plus en dieu, ni au capitalisme, ni au patriarcat, ni aux informations.  Nous avons explosé la virginité obligatoire, le mariage obligatoire et l´hétérosexualité obligatoire.  Nous nous sommes remplis de libertés, d´indignations et d´assemblées, nous avons formulé des projets de mondes nouveaux, de relations sociales, de cultures nouvelles, mais en rentrant à la maison nous trouvons refuge dans la bonne veille structure que nous connaissons: c´est une chose d´être libertaire, mais ça en est une autre d´être cocue. Crier contre le système c´est très bien, mais mettre ses émotions et ses relations au front de la révolution… c´est vraiment pénible.  Le grand ecueil du débat c´est cette acceptation de la monogamie comme système naturel lié à l´amour, comme si ils étaient synonymes. Critiquer la monogamie c´est remettre en question l´amour. L´amour! Les papillons dans le ventre, le doux rire, le regard qui se perd, la joie constante, la béatitude. L´amour tombé du ciel, le coup de foudre. L´amour qui peut tout vaincre, qui te pénètre jusqu´aux os, qui ne connait ni classes sociales, ni normes préétablies, ni frontières. Qui ne connait pas la logique et qui n´en a pas besoin. L´amour qui t´élève à quelques mètres du sol, qui te rend plus forte, plus joyeuse, plus généreuse. Plus heureuse.  Ça existe, bien sûr, nous l´avons ressenti. Nous l´avons vécu. C´est réel. Ce qui n´est sans doute pas si réel et si spontané, ni profitable c´est tout l´accoutrement que nous faisons revêtir à cet amour que nous ressentons. La pérennité et l´exclusivité sont deux de ses adjectifs.  La vie persiste à nous faire rencontrer des personnes fascinantes, sensuelles, drôles et amèrement tentatrices. Si nous voulons être honnêtes et conséquentes avec nos pactes monogames, il y a donc une seule voie: le renoncement, la répression, l´autocontrôle, la fidélité comprise comme exclusive. Si notre être aimé nous demandait d´arrêter de parler avec les autres, nous y verrions tous les symptomes de la maltraitance. Mais en même temps que nous voyons l´amour comme un sentiment exclusif, nous concevons le sexe plus comme un vice que comme une partie essentielle de l´être. C´est pour cela qu´il est si difficile de revendiquer et de défendre  la diversification sexuelle, surtout pour les femmes.

Avoir des relations sexuelles toute la vie (l´amour éternel) avec une même et unique personne n´est pas si satisfaisant comme le veulent bien montrer les films. Premièrement car nous évoluons sexuellement au fil des années, et même si tu aimes ton partenaire, tu n´évolues pas toujours dans la même direction. Ensuite, car une seule personne peut difficilement couvrir toutes les fantasmes sexuels au risque se transformer (ou la transformer) en une esclave sexuelle. Et enfin car il y a une chose qu´un couple de longue durée, par définition ne peut pas offrir: la nouveauté. Et la nouveauté, en termes sexuels, ça peut être très excitant. Il y a donc une question pratique de besoins, de désirs, de fantasmes à tenir en compte dans la gestion de la fidélité. Et comme si ça ne suffisait pas, il y a aussi une question politique implicite dans cette fidélité sexulle et émotionnelle comprise comme élément obligatoire de l´heureux duo: la propriété des corps et des plaisirs qui nous enfonce dans les marasmes du capitalisme émotionnel. Le triangle amoureux que forme la monogamie, la fidélité et l´amour romantique utilise les termes du capitalisme pour se définir. Et les mots, nous le savons, ne sont pas innocents. Ainsi, comme une propriété privée, si notre “moitié” a des relations sexuelles ou affectives avec d´autres personnes, elle nous enlève quelque chose qui nous appartient, elle diminue notre part d´être aimé. Partager l´amour, c´est sans aucun doutes l´enfer. Mais en réalité, l´amour ne se partage pas. Ce n´est pas comme louer une chambre à quelqu´un chez soi, ou prêter des fringues à sa soeur, ou faire du covoiturage. L´Amour, avec un a majuscule, ce n´est pas un bien précieux mais plutôt un organe qui se développe, un être vivant qui a besoin d´être nourri. L´amour devrait être une énergie renouvelable, cet état idéal qui ne diminue pas mais qui croit. Qui ne te réduit pas mais qui élève ton potentiel et qui te fait plus grand. On imagine souvent les personnes non monogames comme des personnes qui ne sont pas du tout jalouses. Et comme nous avons le privilège de l´indiférence nous pouvons avoir des relations de ce type. Ce n´est pas le cas: dans n´importe quel shémas qui peut comprendre une relation non monogame, la jalousie et sa gestion est un thème central. Peut être que la seule différence est que les discours non monogames ne voient pas la jalousie comme déterminante dans la relation et ne la comprennent pas comme une cause mais comme une conséquence, pas comme une maladie mais comme un symptôme de carences ou de besoins non satisfaits qui peuvent se combler et se calmer. La jalousie est gérable et vincible. Cependant, la fuite est irrémédiable. Les relations non monogames sont aussi le refuge et l´excuse parfaite pour l´individualisme émotionnel, pour cacher sous une pose moderne son incapacité à l´engagement avec la vie elle même: aimer beaucoup de personnes pour dans le fond ne pas avoir à aimer personne.

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#OccupyLove: pour une révolution des affects:  

Toute notre production culturelle est imprégnée de monogamie, de patriarcat et d´hétéronormativité. L´amour et le désamour, qui sont la même chose au final. La trame classique du garçon qui rencontre la fille, coup de foudre, apparition de l´élément perturbateur, drame. Et ainsi nous naturalisons que le drame est l´unique porte de sortie, la seule réponse, la seule manière de vivre l´amour.

L´amour Disney est un amour éternel, unique et exclusif. Une histoire à dormir debout qui cependant ne nous rend pas inmune à l´amour. Ce qui devrait être une bonne nouvelle car un monde de personnes inmunes à l´amour serait un enfer pire que celui dans lequel nous vivons, est en fait une mauvaise nouvelle parce que cela rentre en contradiction avec ce que nous avons appris à appeler l´amour. Dans la vie réelle, nous tombons amoureux, nous aimons et nous continuons de tomber amoureux d´autres personnes même si nous ne voulons pas l´admettre. Nous continuons de sentir le feu de la passion, des désirs, de la curiosité, nous continuons de rencontrer des êtres  qui nous touchent. Et c´est en cela que nous sommes pris au piège. Là où nous nions, nous nous interdisons de ressentir. Ou nous interdisons à l´autre qui le fasse. Le bon vieux adultère nous aide à vivre sans doute, mais il ne fait qu´alimenter le système, il empêche de le remettre en question. Consommer et jeter:  le capitalisme sauvage des affects. L´amour libre qui est né comme résistance à l´institution du mariage s´est dépolititsé pour se transformer en un champ de cadavres émotionnels qui ont plus à voir avec la liberté néolibérale qu´avec l´amour.

Le sytème monogame est un outil de contrôle social qui séquestre nos affects. Comment imaginer aimer hors de ce système? Peut être devrions nous définir l´amour. Penser l´amour, les amours, depuis un shémas de réseaux affectifs, des toiles qui aspirent au rizome de Deleuze qui proposait remplacer les arbres (généalogiques?) par des champs infinis de pommes de terre, cela changerait toute la perspective sur notre vie. Penser les amours comme inclusifs. Depuis la coopération. Dans ce shémas il n´y a plus de hiérarchie: les noyeaux affectifs changent et varient d´intensité, de fréquence et de potentiel mais ils sont intrerconnectés, ils s´alimentent tous entre eux. Dans ces réseaux, les amours ne sont ni jetés ni remplacés, ils se transforment, ils changent de lieu et de configuration comme la vie elle même, mais ils continuent de faire partie de l´ensemble, de ce que nous sommes. Les personnes, les amours de nos amours, réels ou potentiels ne sont pas des menaces, pourquoi devraient-ils l´être s´ils ne sont pas là pour nous remplacer?

 

 

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3 comments on “El Amor Romántico es tóxico / L’Amour Romantique, c’est toxique

  1. Brigitte Vasallo
    29 December 2014

    Oh! Gracias por la traducción!

  2. Pingback: Rompre la monogamie, un pari politique

  3. Pingback: Brigitte Vasallo, Rompre la monogamie / Romper la monogamia | ouvronslesfrontieres

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