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Droit des femmes au travail… sexuel / Derechos de las mujeres al trabajo…sexual

1476291_183475321847279_1619238724_nL’opposition simpliste “abolitionnisme” versus “féminisme post moderne” à propos de la prostitution n’est pas  très constructive à mon sens. Admettre que la prostitution est une réalité complexe et variée permet d’éviter des raccourcis dangereux. Il existe indéniablement un réseau d’exploitation sexuelle massif.  Il faut aussi souligner que toute cette traite finance des campagnes publicitaires à échelle mondiale, il s’agit d’un business avec des intérêts colossaux de toutes parts. Ne tombons pas non plus dans la guerre des chiffres à savoir quel est le pourcentage des prostitués qui exercent librement ou pas, même si le calcul était possible, ce n’est pas le nombre qui rend légitime une réalité. Le fait est que la prostitution est tellement stigmatisée qu’elle ne peut pas être conçue comme un travail choisi. Ainsi nous homogénéisons le problème et nous n’écoutons pas les propres concernées. Les collectifs de défense des droits des travailleuses du sexe argumentent que la criminalisation de la prostitution ne fait que les rendre plus vulnérables aux violences. Ces mêmes collectifs se positionnent également contre la traite des femmes. Le travail sexuel est un travail, ne pas le reconnaître c’est le soumettre encore plus aux dérives du capitalisme global qui réduit les alternatives de vie et transforme le travail en esclavage. Reste à trouver un compromis entre prohibition et légalisation qui  permettrait vraiment de sortir de l’invisibilisation et de l’impunité de la traite ainsi que de donner un cadre légal à la pratique de la prostitution.

Red_por_el_reconocimiento_del_trabajo_sexualLa oposición simplista “abolicionismo” versus “feminismo post moderno” sobre la prostitución no es muy constructiva a mi entender. Admitir que la prostitución es una realidad compleja y variada permite evitar sacar conclusiones peligrosas. Existe indudablemente una red de explotación sexual masiva. Hay que subrayar que toda esta trata financia campañas publicitarias a escala mundial, se trata de un negocio con intereses enormes por todas partes. No podemos caer tampoco en la guerra de las cifras para saber cuál es el porcentaje de prostitutas que ejercen libremente o no, aun si fuera posible calcularlo, no es el número que hace legítima una realidad. El hecho es que la prostitución está tan estigmatizada que no puede ser concebida como un trabajo escogido. Así homogeneizamos el problema y no escuchamos a las propias trabajadoras sexuales. Los colectivos de defensa de los derechos de las trabajadoras del sexo argumentan que la criminalización de la prostitución les vulnerabiliza más frente a las violencias. Estos mismos colectivos se posicionan también en contra de la trata de las mujeres. El trabajo sexual es un trabajo, no reconocerlo es someterlo, aún  más, a las derivas del capitalismo global que reduce las alternativas de vida y transforma el trabajo en esclavitud. Queda por encontrar un punto medio entre prohibición y legalización que permitiera salir de verdad de la invisibilización y de la impunidad de la trata, a la vez que dar un marco legal para la práctica de la prostitución.

Article de Beatriz Preciado, philosophe, directrice du Programme d’études indépendantes au musée d’Art contemporain de Barcelone (Macba):  (http://www.liberation.fr/societe/2013/12/20/droit-des-femmes-au-travail-sexuel_968107)

Fabrication et vente d’armes : travail. Donner la mort à quelqu’un en appliquant la peine capitale : travail. Torturer un animal dans un laboratoire : travail. Branler un pénis avec la main jusqu’à provoquer une éjaculation : crime ! Comment comprendre que nos sociétés démocratiques et néolibérales refusent de considérer les services sexuels comme un travail ? La réponse n’est pas à chercher du côté de la morale ou de la philosophie politique, mais plutôt de l’histoire du travail des femmes dans la modernité. Exclus du domaine de l’économie productive au nom d’une définition qui en faisait des biens naturels inaliénables et non commercialisables, les fluides, les organes et les pratiques corporelles des femmes ont été l’objet d’un processus de privatisation, de capture et d’expropriation qui se confirme aujourd’hui avec la criminalisation de la prostitution.

Prenons un exemple pour comprendre ce processus : jusqu’au XVIIIe siècle, de nombreuses femmes des classes ouvrières gagnent leur vie en vendant leurs services en tant que nourrices professionnelles. Dans les grandes villes européennes, plus de deux tiers des enfants des familles aristocrates et des bourgeois urbains étaient allaités par des nourrices.

En 1752, le scientifique Carl von Linné publie le pamphletla Nourrice marâtre dans lequel il exhorte chaque femme à allaiter ses propres enfants pour «éviter la contamination des races et des classes» par le lait et demande aux gouvernements d’interdire, au bénéfice de l’hygiène et de l’ordre social, la pratique de l’allaitement pour autrui. Le traité de Linné aboutira à la dévaluation du travail féminin au XVIIIe siècle et à la criminalisation des nourrices. La dévaluation du lait sur le marché du travail s’accompagne d’une nouvelle rhétorique de la valeur symbolique du lait maternel. Le lait, représenté comme fluide matériel à travers lequel se transmet le lien social national de mère à fils, doit être consommé dans la sphère domestique et ne doit plus faire l’objet d’échange économique.

Force de travail que les femmes prolétaires pouvaient mettre en vente, le lait devient un précieux liquide biopolitique à travers lequel coule l’identité raciale et nationale. Le lait cesse d’appartenir aux femmes pour appartenir à l’Etat. Un triple processus est accompli : dévaluation du travail des femmes, privatisation des fluides, enfermement des mères dans l’espace domestique.

Une opération similaire est à l’œuvre avec l’extraction des pratiques sexuelles féminines de la sphère économique. La force de production de plaisir des femmes ne leur appartient pas : elle appartient à l’Etat – c’est pour cela que l’Etat se réserve le droit de mettre une amende aux clients qui font usage de cette force dont le produit doit revenir uniquement à la production ou la reproduction nationale. Comme pour le lait, les questions d’immigration et d’identité nationale sont au centre des nouvelles lois contre la prostitution.

La prostituée (migrante, précaire, dont les ressources affectives, linguistiques et somatiques sont les seuls moyens de production) est la figure paradigmatique du travailleur biopolitique au XXIe siècle. La question marxiste de la propriété des moyens de production trouve dans la figure de la travailleuse sexuelle une modalité exemplaire d’exploitation. La cause première d’aliénation chez la prostituée n’est pas l’extraction de plus-value du travail individuel, mais dépend avant tout de la non-reconnaissance de sa subjectivité et de son corps comme sources de vérité et de valeur : il s’agit de pouvoir affirmer que les putes ne savent pas, qu’elles ne peuvent pas, qu’elles ne sont pas des sujets politiques ni économiques à part entière.

Le travail sexuel consiste à créer un dispositif masturbatoire (à travers le toucher, le langage et la mise en scène) susceptible de déclencher les mécanismes musculaires, neurologiques et biochimiques régissant la production de plaisir du client. Le travailleur sexuel ne met pas son corps en vente, mais transforme, comme le font l’ostéopathe, l’acteur ou le publiciste, ses ressources somatiques et cognitives en force de production vive. Comme l’ostéopathe il/elle use de ses muscles, il/elle taille une pipe avec sa bouche avec la même précision que l’ostéopathe manipule le système musculo-squelettique de son client. Comme l’acteur, sa pratique relève de sa capacité à théâtraliser une scène de désir. Comme le publiciste, son travail consiste à créer des formes spécifiques de plaisir à travers la communication et la relation sociale. Comme tout travail, le travail sexuel est le résultat d’une coopération entre sujets vivants basée sur la production de symboles, de langage et d’affects.

Les prostituées sont la chair productive subalterne du capitalisme global. Qu’un gouvernement socialiste fasse de l’interdiction des femmes à transformer leur force productive en travail une priorité nationale en dit long sur la crise de la gauche en Europe.

Articulo de Beatriz Preciado, filósofa, directora del Programa de Estudios Independientes del Museo de Arte Contemporáneo de Barcelona (Macba), traducido por José Reyes y Roque Urbieta:http://redreconocimientotrabajosexual.blogspot.com.ar/2014/01/derechos-de-las-mujeres-al.html?m=1)

Fabricación y venta de armas: trabajo. Dar muerte a alguien aplicando la pena capital: trabajo. Torturar un animal en un laboratorio: trabajo. Frotar un pene con la mano hasta provocar una eyaculación: ¡crimen! ¿Cómo comprender que nuestra sociedad democrática y neoliberal se rehúsen a considerar los servicios sexuales como un trabajo?

La respuesta no debe buscarse de lado de la moral o de la filosofía política, sino más bien en la historia del trabajo de las mujeres en la modernidad. Excluidas del dominio de la economía productiva en nombre de una definición que las convertía en bienes naturales inalienables y no comercializables, los fluidos, los órganos y las prácticas corporales de las mujeres han sido el objeto de un proceso de privatización, de captura y de expropiación, que se confirma actualmente con la criminalización de la prostitución.
Tomemos un ejemplo para comprender este proceso: hasta el siglo XVIII, numerosas mujeres de clases obreras ganaban su vida vendiendo sus servicios en tanto que nodrizas profesionales. En las grandes ciudades europeas, más de dos terceras partes de los hijos de las familias aristocráticas y burguesas urbanas, fueron amamantados por nodrizas.
En 1752, el científico Carl Von Linné publica el panfleto “la nodriza madrastra” (La Nourrice marâtre), en el cual exhorta a cada  mujer a amantar a sus propios niños para “evitar la contaminación de razas y clases” por la leche, y exige a los gobiernos prohibir, en beneficio de la higiene y del orden social, la práctica del amamantamiento por otra persona. El tratado de Linné, conllevará a la devaluación del trabajo femenino en el siglo XVIII y a la criminalización de las nodrizas. La devaluación de la leche sobre el mercado de trabajo, se acompaña de una nueva retórica en torno al valor simbólico de la leche materna. La leche, representada como un fluido material a través del cual se transmite el vínculo social nacional de la madre al hijo, debe ser consumido en la esfera doméstica y no debe ser más un objeto de intercambio económico.
Fuerza de trabajo que las mujeres proletarias podían poner en venta, la leche se vuelve un precioso líquido biopolítico a través del cual fluye la identidad racial y la nacional. La leche deja de pertenecer a las mujeres para pertenecer al Estado.  Un triple proceso se consuma: devaluación del trabajo de las mujeres, privatización de los fluidos, el confinamiento de las madres al espacio domestico.
Una operación similar se está implementando con la extracción de las prácticas sexuales femeninas de la esfera económica. La fuerza de producción del placer de las mujeres no le pertenece: ella pertenece al Estado –es por eso que el Estado se reserva el derecho de poner una multa a los clientes que hacen uso de esta fuerza, cuyo producto debe restituirse únicamente a la producción o a la reproducción nacional. De la misma manera que la leche, las cuestiones de inmigración y la identidad nacional, están en el centro de las nuevas leyes contra la prostitución.
La prostituta (migrante, precaria, cuyos recursos afectivos, lingüísticos y somáticos son los únicos medios de producción), es la figura paradigmática del trabajador biopolítico en el siglo XXI. La cuestión marxista de la propiedad de los medios de producción, encuentra en la figura de la trabajadora sexual, una modalidad ejemplar de explotación. La causa primera de alienación en las prostitutas, no es la extracción de la plusvalía del trabajo individual, sino que depende ante todo del no reconocimiento de su subjetividad y de su cuerpo como fuente de verdad y de valor: se trata de poder afirmar que las putas no saben, que ellas no pueden, que ellas no son sujetos políticos ni económicos completamente.
El trabajo sexual consiste en crear un dispositivo masturbatorio (a través el contacto corporal, la lengua y la puesta en escena), susceptible de desencadenar unos mecanismos musculares, neurológicos y bioquímicos, que rigen la producción del placer del cliente. El trabajador sexual no pone su cuerpo en venta, sino que transforma, como lo hacen los osteópatas, el actor o el publicista, sus recursos somáticos y cognitivos en fuerza de producción viva. Como el osteópata, ella/él usa sus músculos, y él/ella realiza una succión con su boca, con la misma precisión que el osteópata manipula el sistema musculo-esquelético de su cliente. Como el actor, su práctica resalta su capacidad de teatralizar una escena de deseo. Como el publicista, su trabajo consiste en crear formas específicas de placer a través de la comunicación y la relación social. Como todo trabajo, el trabajo sexual es el resultado de una cooperación entre sujetos vivos basada sobre la producción de símbolos, de lenguaje y de afectos.
Las prostitutas son la carne productiva subalterna del capitalismo global. El hecho de que un gobierno socialista haga de la prohibición de las mujeres a transformar su fuerza  productiva en trabajo una prioridad nacional, dice mucho de la crisis de la izquierda en Europa.

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This entry was posted on 9 January 2014 by and tagged , , , , , , , .
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