ouvronslesfrontieres

Traductions français /espagnol / langue des signes : activisme, désobéissance civile, féminismes, Queer, éducation, décroissance etc. / Traducciones español / francés / lengua de signos : activismo, desobediencia civil, feminismos, Queer, decrecimiento, educación etc.

Nous disons Révolution / Decimos Revolución

Untitled-1Le week-end dernier plusieurs conversations m’ont amené à penser à l’évolution de la société: il y a plus de tolérance qu’avant, certes,  mais ce concept de “tolérance” me pose question car on l’associe à une majorité tolérant une minorité. Mais pourquoi le nombre de personnes importe-t-il autant? Probablement pour que le statu quo ne soit pas trop remis en question. Les régimes de pouvoir hétéropatriarcal et validiste  produisent des dispositifs qui perpétuent l’hégémonie de la normalité. Dès la maternité, des discours qui paraissent anodins performent une catégorisation dichotomique : normal(e) / anormal(e), fille / garçon. Et si il y a une malformation (sociale), le bistouri se transforme en outil qui rétablit la norme. Combien de personnes sont niées, mutilées, pathologisées pour ne pas être en adéquation avec une norme qui nous parait si naturelle à la majorité? Une évolution qui se limite à la tolérance (de quelques minorités et surtout des normes) ne laisse pas la potentialité d’exister. Tolérer c’est juste céder un peu d’espace à ceux qui exercent une lutte acharnée contre l’appareil scientifique, éducatif et administratif (et en plus on attribue les séquelles que cela leur provoque à leur condition…).  Mais ce n’est pas évoluer vers un monde où chaque particularité puisse être considérée comme une richesse et non comme une menace. Je crois que la (r)évolution de la société c’est peut-être qu’elle fasse un tour sur elle- même, qu’elle observe les mécanismes qui la constituent et qu’elle les déconstruise. Certes les signifiés et les définitions nous aident à comprendre le monde mais ils créent aussi le monde, et prendre de la distance avec ces régimes d’énonciation peut permettre d’avoir une marge de manœuvre plus ample afin de se resignifier ou se désidentifier des figures qu’ils nous proposent. Il ne s’agit pas d’ignorer les identités qui sont tellement significatives dans la société actuelle mais d’observer comment elles sont construites, quels privilèges et préjugés elles incarnent et perpétuent, à quelles pratiques elles sont liées et comment elles maintiennent des rapports de valorisation sociale différenciée.

Article intéressant en français: http://www.genrespluriels.be/Theorie-queer-intersexe.html

téléchargementEste fin de semana varias conversaciones me han hecho pensar sobre la evolución de la sociedad: hay cada vez más tolerancia, es verdad, pero el concepto de “tolerancia” me chirría porque lo asociamos a una mayoría tolerando a una minoría. Pero ¿por qué el número de personas nos importa tanto? Probablemente para que el estatus quo no sea demasiado cuestionado.  Los regímenes de poder heteropatriarcal y capacitista producen dispositivos que perpetúan la hegemonía de la normalidad. Desde la maternidad, discursos que parecen anodinos performan una categorización dicotómica: normal / anormal, niño / niña. Y si hay una malformación (social), el bisturí se transforma en herramienta que restablece la norma. ¿Cuántas personas son negadas, mutiladas, patologizadas por no ser en adecuación con una norma que nos parece tan natural a la mayoría? Una evolución que se limita a la tolerancia (de algunas minorías y sobretodo de las normas) no deja la potencialidad de existir. Tolerar es solo ceder un poco de espacio a lxs que ejercen una lucha encarnizada contra el aparato científico, educativo y administrativo (ademas se les atribuye las secuelas que les provoca su condición…). Pero no es evolucionar hacia un mundo donde cada particularidad pueda ser considerada como una riqueza y no como una amenaza. Creo que la (r)evolución de la sociedad es que se de la vuelta entera y que observa los mecanismos que la constituyen y que los deconstruya. Es verdad que los significados y las definiciones nos ayudan a entender el mundo pero crean también el mundo, y tomar distancia con estos regímenes de enunciación puede permitir tener un margen de maniobra más amplio para resignificarse o desidentificarse de las figuras que nos proponen. No se trata de ignorar las identidades que son tan significativas en la sociedad actual pero de observar como están construidas, que privilegios y prejuicios encarnan y perpetúan, a que practicas están relacionadas y como mantienen relaciones sociales diferenciadas. 

 Articulo interesante en castellano: http://www.pikaramagazine.com/2010/11/%C2%BFsera-nino-o-nina/

Voici un poème que j’ai retrouvé ce weekend chez mes parents, je devais avoir vers 8 ans quand je l’ai écrit. En tous cas j’avais très bien assimilé les normes: un époux, des enfants, être normale. Bref, un bel exemple de comment l’héténormativité produit des subjectivités.

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“El amor

El amor es amar a algunas personas.

Es amar su esposo, sus hijos, un amigo, un compañero, algunas personas de su familia.

Si amamos a alguien que ha muerto, vamos a poner flores en su tumba.

Con el dinero podemos comprar lo que queremos menos el amor. “

 

Esto es un poema que he encontrado en casa de mis padres este fin de semana. Debía tener 8 años cuando lo escribí mas o menos. Había asimilado perfectamente las normas: un esposo, hijos, ser normal. En fin, un ejemplo perfecto de como la heteronormatividad produce subjetividades

Nous disons Révolution, par Beatriz Preciado:

(http://www.liberation.fr/culture/2013/03/20/nous-disons-revolution_890087)

Il paraît que les gourous de la vieille Europe coloniale s’obstinent dernièrement à vouloir expliquer aux activistes des mouvements Occupy, Indignados, handi-trans-pédégouine-intersex et postporn que nous ne pourrons pas faire la révolution parce que nous n’avons pas une idéologie. Ils disent «une idéologie» comme ma mère disait «un mari». Et bien, nous n’avons besoin ni d’idéologie ni de mari. Les nouvelles féministes, nous n’avons pas besoin de mari parce que nous ne sommes pas des femmes. Comme nous n’avons pas besoin d’idéologie parce que nous ne sommes pas un peuple. Ni communisme ni libéralisme. Ni la rengaine catholico-musulmano-juive. Nous parlons un autre langage. Ils disent représentation. Nous disons expérimentation. Ils disent identité. Nous disons multitude. Ils disent maîtriser la banlieue. Nous disons métisser la ville. Ils disent dette. Nous disons coopération sexuelle et interdépendance somatique. Ils disent capital humain. Nous disons alliance multi-espèces. Ils disent viande de cheval dans nos assiettes. Nous disons montons sur les chevaux pour échapper ensemble à l’abattoir global. Ils disent pouvoir. Nous disons puissance. Ils disent intégration. Nous disons code ouvert. Ils disent homme-femme, Blanc-Noir, humain-animal, homosexuel-hétérosexuel, Israël-Palestine. Nous disons tu sais bien que ton appareil de production de vérité ne marche plus… Combien de Galilée nous faudra-t-il cette fois pour réapprendre à nommer les choses, nous-mêmes ? Ils nous font la guerre économique à coups de machette digitale néolibérale. Mais nous n’allons pas pleurer pour la fin de l’Etat-providence, parce que l’Etat-providence était aussi l’hôpital psychiatrique, le centre d’insertion de handicapés, la prison, l’école patriarcale-coloniale-hétérocentrée. Il est temps de mettre Foucault à la diète handi-queer et d’écrire la Mort de la clinique. Il est temps d’inviter Marx dans un atelier éco-sexuel. Nous n’allons pas jouer l’Etat disciplinaire contre le marché néolibéral. Ces deux-là ont déjà passé un accord : dans la nouvelle Europe, le marché est la seule raison gouvernementale, l’Etat devient un bras punitif dont la seule fonction sera de re-créer la fiction de l’identité nationale par l’effroi sécuritaire. Nous ne voulons nous définir ni comme des travailleurs cognitifs ni comme consommateurs pharmacopornographiques. Nous ne sommes pas Facebook, ni Shell, ni Nestlé, ni Pfizer-Wyeth. Nous ne voulons pas produire français, pas plus que produire européen. Nous ne voulons pas produire. Nous sommes le réseau vivant décentralisé. Nous refusons une citoyenneté définie par notre force de production ou notre force de reproduction. Nous voulons une citoyenneté totale définie par le partage des techniques, des fluides, des semences, de l’eau, des savoirs… Ils disent la nouvelle guerre propre se fera avec des drones. Nous voulons faire l’amour avec les drones. Notre insurrection est la paix, l’affect total. Ils disent crise. Nous disons révolution

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Nosotrxs decimos revolución. Por BEATRIZ PRECIADO

Parece que los gurúes de la vieja Europa colonial se obstinan últimamente en querer explicar a lxs activistas de los movimientos Occupy, Indignados, dicapacitadxs[1]-trans-gays-lésbicos-intersex y post porno que no podemos hacer la revolución porque no tenemos una ideología. Dicen “una ideología” como mi madre decía “un marido”. Ciertamente, nosotros no tenemos necesidad de una ideología ni de marido. Las nuevas feministas no tenemos necesidad de maridos porque no somos más mujeres. Como no tenemos necesidad de ideología, porque no somos más un pueblo. Ni comunismo, ni liberalismo. Ni la cantinela católica-musulmana-judía. Nosotrxs hablamos otra lengua. Ellos dicen representación. Nosotrxs decimos experimentación. Ellos dicen identidad. Nosotrxs decimos multitud. Ellos hablan de controlar los barrios. Nosotrxs decimos mestizar la ciudad. Ellos dicen deuda. Nosotrxs decimos cooperación sexual e interdependencia somática. Ellos dicen capital humano. Nosotrxs decimos alianza multiespecie. Ellos dicen carne de caballo en nuestros platos. Nosotrxs decimos montemos en los caballos para escapar juntxs del matadero mundial. Ellos dicen poder. Nosotrxs decimos potencia. Ellos dicen integración. Nosotrxs decimos códigos abiertos. Ellos dicen hombre-mujer, blanco-negro, humano-animal, homosexual-heterosexual, Israel-Palestina. Nosotrxs decimos que vos sabes bien que tu aparato de producción de verdad ya no camina más… ¿Cuántos Galileos serán necesarios esta vez para aprender a nombrar las cosas por nosotrxs mismos? Nos hacen la guerra económica a golpe de machete digital neoliberal. Pero nosotrxs no vamos a llorar por el fin del Estado de Bienestar, porque el Estado de Bienestar era también el hospital psiquiátrico, el centro de inserción de los discapacitadxs, la prisión, la escuela patriarcal-colonial-heterocentrada. Es tiempo de poner a Foucault en la dieta de los discapacitadxs-queer y escribir la Muerte de la clínica. Es tiempo de invitar a Marx a un taller eco-sexual. Nosotrxs no vamos a jugar al Estado disciplinario contra el mercado neoliberal. Esos dos han alcanzado un acuerdo: en la nueva Europa el mercado es la única razón gubernamental, el estado deviene brazo punitivo cuya única función será recrear la ficción de la identidad nacional para el miedo de la seguridad. No queremos definirnos ni como trabajadores cognitivxs, ni como consumidores fármaco-pornográficos. No somos Facebook, ni Shell, ni Nestlé, ni Pfizer-Wyeth. No queremos producir francés, menos aún europeo. No queremos producir. Somos la red viviente descentralizada. Rechazamos una ciudadanía definida por nuestra fuerza de producción o nuestra fuerza de reproducción. Queremos una ciudadanía total definida por compartir las técnicas, los fluidos, las semillas, el agua, los saberes… Ellos dicen que la nueva guerra limpia se hará con los drones. Nosotrxs queremos hacer el amor con los drones. Nuestra insurrección es la paz, el afecto total. Ellos dicen crisis. Nosotrxs decimos revolución.

Traducción temblorosa del francés por Laura Contrera.

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