ouvronslesfrontieres

Traductions français /espagnol / langue des signes : activisme, désobéissance civile, féminismes, Queer, éducation, décroissance etc. / Traducciones español / francés / lengua de signos : activismo, desobediencia civil, feminismos, Queer, decrecimiento, educación etc.

Brigadas Vecinales de Observación de Derechos Humanos, traduction en français

http://brigadasvecinales.org/quienes-somos/

Vidéo en espagnol:

Ci-dessous la traduction de la présentation du collectif dénomé “Brigadas Vecinales de Observación de Derechos Humanos”, que j’ai traduit par  “Brigades de Voisin(es) d’Observation des Droits de l’Homme”. Le terme de voisins peut paraître incongru en français mais j’ai choisi de le maintenir (même si ça fait plutôt “fête des voisins”) parce que c’est vraiment un concept important pour le collectif. En effet, il se veut inclusif, et le mot “voisin(e) englobe tout le monde, il va au-delà de la notion de citoyen parce qu’il veut se détacher de la reconnaissance de l’institution. La posture des “Brigades de Voisin(es)” est donc d’appeler à se mobiliser depuis les quartiers et de donner toute sa dignité à la population “d’en bas”.

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« Les Brigades de Voisin(es) d’Observation  des Droits de l’Homme » (BVDOH), organisées à Madrid afin de rendre visible et dénoncer les contrôles racistes et les raids massifs  contre les migrants.

Qui sommes-nous ?

Devant ces raids systématiques et racistes, nous avons décidé d’agir : en partageant nos inquiétudes avec des voisins et voisines, en revendiquant une participation collective et participative dans les rues et les quartiers et en dénonçant ces frontières de force depuis une conviction rationnelle en une éthique d’universalité des droits de l’homme, en une égalité des droits de toutes les personnes et en la certitude qu’une société qui discrimine se dégrade et provoque des conflits sociaux.

« Les Brigades de Voisins d’Observation  des Droits de l’Homme : Surveillons les surveillants » travaillent avec les objectifs suivants :

–          Observer tout type de discriminations raciales, d’ethnie, d’origine, de genre ou d’orientation sexuelle.

–          Documenter  dans le détail ces situations pour pouvoir les transférer à l’opinion publique et aux institutions politiques et judiciaires opportunes.

–          Rendre visible toutes les situations de violation des droits et des libertés basiques et diffuser des supports sur les droits et les ressources en aide juridique.

–          En finir avec l’indifférence et promouvoir le soutien mutuel et la solidarité dans nos quartiers, face aux discours et aux actions xénophobes qui nous empêchent de nous rencontrer dans l’égalité et la confiance.

Que dénonçons-nous?

Nous dénonçons les contrôles de frontières qui existent dans tout l’Etat espagnol : police disposée dans sur des points stratégiques et d’usage quotidien (stations de métro, gares routières, autobus, places, café internet, portes des écoles), harcelant, demandant les papiers, arrêtant des voisins et voisines en fonction de leur apparence.

Alors que l’Etat encourage la circulation des capitaux, les raids policiers criminalisent la liberté de mouvements des personnes provenant des pays de la périphérie économique, nous refusant le droit que nous avons tous et toutes de décider de notre lieu de résidence et de travail. Quel que soit la raison de la migration, les personnes venues de d’autres lieux souffrent de traitements de ségrégation, de persécution, d’enfermement et d’expulsion en étant considérées suspicieuses et criminelles.

Ceux et celles qui n’ont pas l’autorisation de résidence et de travail, parce qu’on leur impose des critères impossibles à remplir, sont uniquement considérés comme une main d’œuvre exploitable et on ne les reconnait pas dans leur condition humaine. Ne pas avoir d’autorisation ne constitue pas un délit mais une faute administrative légère comparable à une amende pour stationnement interdit. Cependant l’internement dans un Centre d’Internement d’Etrangers (CIE) a pu être légalisé jusqu’à 60 jours.

La justice la plus élémentaire impose d’appliquer des actions discriminatoires en fonction de critères ethniques. La Loi Espagnole et les Conventions Internationales le reconnaissent ainsi, mais en dépit de cela, le Ministère de l’Intérieur avec l’accord de l’Union Européenne continue de les appliquer constamment.

Les contrôles d’identité sont l’expression la plus crue et extrême du contrôle de l’espace public, ils empêchent les relations d’égalité qui créent des pratiques de confiance, l’usage libre de la rue et n’importe quelle initiative sociale naissant entre des gens de toutes nationalités. Ils propagent la peur, le racisme et la méfiance dans nos quartiers : ce sont les contrôles eux-mêmes qui génèrent l’insécurité de laquelle aucune caméra de surveillance ne pourra nous protéger.

Nos objectifs:

Nous sommes un groupe de personnes qui prétend articuler une riposte organisée aux contrôles policiers permanents à l’encontre des personnes immigrées depuis quelques organisations sociales et locales.

Rassemblant des expériences de camarades d’autres lieux, nous sommes en train d’organiser les Brigades de Voisins d’Observation des Droits de l’Homme.

Notre objectif est de rendre visible notre rejet  de ces pratiques dans nos quartiers et pouvoir nous coordonner avec d’autres collectifs qui agissent dans le même domaine.

C’est pourquoi nous vous présentons dans ce document les grandes lignes de ce projet, pour si il vous parait intéressant et que vous pensez qu’une collaboration avec nous de quelque manière peut être possible.

Présentation des raisons :

La présence du pouvoir policier dans nos quartiers est une constante que nous, habitants de ces quartier, observons jour après jour. Dans un contexte où le discours dominant transmet que la police répond aux nécessités de « sécurité citoyenne » de notre société et plus encore dans la présente « conjoncture de crise capitaliste », nous sommes témoins de comment aux sorties des métros et dans d’autres lieux de transit habituels et de réunions, de nombreuses personnes sont systématiquement identifiées, retenues et détenues pour le simple fait de présenter des caractéristiques physiques spécifiques, leur réduisant l’usage des espaces publics et leur imposant une série de limitations qui affectent leurs libertés les plus élémentaires,  et ce dans l’indifférence générale.

Les contrôles d’identité ou les raids massifs d’identification sont un exemple supplémentaire de la politique à caractère classiciste, raciste et xénophobe dominante. Les principaux affectés en sont les personnes migrantes, spécialement ceux qui sont en situation irrégulière et qui peuvent être enfermés dans un centre d’internement spécifique pour migrants, expulsés ou être condamnés à être « irrégulier » pendant des années, tout cela pour avoir exercé des droits fondamentaux comme la survie, le travail ou la libre circulation.

Ces mécanismes de contrôle social, légitimés par des discours de politiques professionnels, des medias et des institutions, servent à générer la sensation que nos principaux ennemis sont nos voisins et voisines. De plus, ils abîment profondément nos quartiers en créant des frontières entre ceux et celles qui y habitent et nous empêchent de nous rencontrer en toute égalité et en toute confiance.

Face à ces circonstances, nous considérons que nous avons la possibilité et la responsabilité d’agir, de manière individuelle et collective, afin de faire de ce contrôle, qui en définitive nous affecte tous, un motif de perplexité et d’indignation. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut rendre visible ces situations d’injustice et pratiquer l’aide mutuelle et la solidarité.

« Les Brigades de Voisin(es) d’Observation des Droits de l’Homme » ont comme objectif de donner une riposte organisée et collective devant ce genre d’abus et de créer des formes d’actions continues dans le temps, efficaces socialement, politiquement et juridiquement, et que n’importe quel voisin ou voisine du quartier puisse se joindre au collectif. La prétention des BVODH est d’agir et de travailler avec ces objectifs et à travers les mécanismes suivants:

Objectifs et activités;

Empêcher tout type de comportement discriminatoire par rapport à la race, l’ethnie, l’origine, la classe, le genre, l’orientation sexuelle… en dénonçant la persécution et la criminalisation des immigrants, et plus particulièrement de ceux et celles qui sont en situation irrégulière, pendant les contrôles policiers systématiques (contrôles d’identité, raids).

Réaliser, publier et en diffuser un LIVRE BLANC qui réunit les informations obtenues lors nos observations directes, tout comme le contenu de témoignages indirects recueillis et les contributions d’autres collectifs qui travaillent dans des domaines relatifs.

Diffuser une information périodique de nos activités, des situations et des cas parus dans les médias, au travers du blog sur internet, dans la presse, etc.

Réaliser une présentation publique de la création des Brigades en tant que riposte organisée face à ces abus.

Répondre face aux politiques de contrôle et de répression policière:

En réalisant des actions périodiques dans des lieux où nous avons connaissance que ce type d’abus se produit afin de prévenir les personnes objets de ces persécutions de ce qu’il se passe.  En observant l’intervention de la police et en recueillant les procédures discriminatoires qui ont lieu et les abus qui se réalisent.

En rendant visible la présence des « brigadiers » en utilisant du matériel qui indique l’existence de cette riposte organisée (carte d’observateur, gilet, tee shirt)

En informant les personnes affectées des lieux où ils peuvent recevoir une aide juridique, sociale ou politique.

Rendre visible les situations de violation de droits et de libertés:

En diffusant une information périodique de nos activités, des situations et des cas parus dans les médias, au travers du blog sur internet, dans la presse, etc.

En diffusant des supports écrits avec une information sur les droits (autocollants, prospectus, affiches, etc.)

Promouvoir la connaissance de nos droits:

En organisant des ateliers d’information juridique pour les personnes qui veulent faire partie des Brigades.

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